Eglise Saint-charles Borromée

L’église Saint-Charles Borromée: une oeuvre architecturale

Construite en béton armé sur le modèle des basilique romaines, l’église Saint-Charles Borromée est certainement l’une des plus belles de la Guadeloupe.

Par son emplacement, son architecture et son histoire elle suscite incontestablement un grand intérêt. Tous ceux qui traversent la commune, arrivant de Basse-Terre, ne peuvent manquer de la voir : elle est située sur les hauteurs de Gourbeyre, nichée dans la verdure, et possède une façade et un haut clocher quadrangulaire blanchâtre qui attirent tout de suite le regard, en particulier lorsqu’ils sont éclairés, le soir. Certains attribuent son air oriental (campanile et forme extérieure du choeur) à l’origine armérienne de son architecte, Pierre Isnard.

Mais la construction de cet édifice cultuel fut ardue. Du fait de sa creation tardive en 1837, la commune de Gourbeyre fut longtemps privée d’église. Les messes étaient alors célébrées dans les diverses petites chapelles implantées sur les habitations appartenant aux ordres religieux. Après la naissance de la commune, une modeste chapelle servit de lieu du culte, érigée sur un terrain offert par Jean-Baptiste Navailles, le propriétaire de l’habitation Bisdary, à l’emplacement de l’église actuelle. En face se trouvait le cimetière, le long de la “Ravine rouge”. Un petit prebytère avait été bâti à soixante mètres de l’église, sur un terrain donné par la commune. Ce presbytère sera emporté par le cyclone de 1928.

Lors de l’inauguration de l’église Saint-Charles Borromée, le dimanche 3 mars 1844, plusieurs personnalités étaient présentes : Louis-Philippe Longueteau, maire de la commune, Charles Bonnet, parrain de l’église et propriétaire de l’habitation Saint-Charles, Jean-Baptiste Navailles, propriétaire de l’habitation Bisdary et son épouse Marie Caroline, marraine de l’église, le contre-amiral Augustin Gourbeyre, gouverneur de la colonie... A cause de sa jeunesse, l’église Saint-Charles Borromée de Gourbeyre est, aujourd’hui, l’une des rares à produire son acte de baptême.

Malheureusement, un incendie détruisit la voûte de cette première construction le 8 janvier 1949. Arrivé à Gourbeyre en 1944, le curé de la paroisse, le père Nio, décida alors de collecter des fonds pour rebâtir l’édifice. En septembre 1949, on posait déjà la première pierre.

En 1953, à la nuit de Noël, le feu à nouveau ravageait tout sur son passage. Seuls le Saint-Sacrement et le précieux calice, offerts par le pape Pie XII, purent être sauvés de la catastrophe. Toute la paroisse, solidaire avec son cure, se montra plus que jamais déterminée à reconstruire son église. Une souscription et une loterie furent lancées pour renouveler le mobilier. L’évêque, Mgr Jean Gay, prenait en charge la réfection de la toiture. L’édifice parvint finalement à sortir de terre, mais il était encore inachevé lors de la célébration de la première messe, le 12 avril 1958. En novembre 1964, un orgue et des vitraux y furent installés. Enfin, en 1968, les cloches résonnèrent de nouveau dans la commune.

Décédé le 9 mars 1991, le père André Nio repose désormais dans l’église.